La Fashion Week. J’ai toujours été épaté par ces univers parallèles, ces mondes dont j’ignore tout : leurs codes, leurs règles, leurs acteurs, leurs stars, leurs dangers. Rien, mais alors rien, je n’y connais rien en fashion. Plus « rien » que ça, c’est impossible. Et alors non seulement je n’y connais rien, mais c’est exceptionnel comme ça ne m’intéresse pas. Deux ou trois fois par an on voit des femmes tristes, de toutes les couleurs, marcher bizarrement sur des podiums, désarticulées, le regard droit, un pied devant l’autre, une main dans les poches ou les bras cruellement statiques le long du corps. Elles font la gueule dans des tenues bouffantes ou pas, colorées ou pas, je ne vois pas la différence. Dans le public, regardant de droite à gauche, prenant des notes redoutables, chuchotant des méchancetés, on perçoit ces dames des magazines de mode qui « font la pluie et le beau temps », ces blogueuses, ces people, ces wanabe, ces gens-dont-on-se-demande-qui-ils-sont. La musique dans ma tête c’est toujours « Vogue », de Madonna, les lumières sont chaudes ou glaciales, le rythme est frigide ou enlevé, le décor est naturel ou artificiel. Des trucs et leurs contraires, en fonction des années et des créateurs. Chacun rivalise d’imagination pour organiser son show dans un lieu hype, « jamais vu », un charcutier qui aurait fermé, un bordel qui sent la sueur de cheval, une cave planquée dans un immeuble qui va bientôt disparaître, une aile perchée dans un musée qui vient de rouvrir. Un nouveau slip se doit d’apparaître dans un lieu qui déchire, sinon c’est un pauvre nouveau slip. La Fashion week, je t’entends revenir chaque fois avec la même passivité, comme le retour du Salon de l’agriculture ou du Beaujolais nouveau.
C’est peut-être juste que personne ne m’a expliqué…




Tu as Fashion TV ?
» ‘This… stuff’? Oh. Okay. I see. You think this has nothing to do with you. You go to your closet and you select… I don’t know… that lumpy blue sweater, for instance because you’re trying to tell the world that you take yourself too seriously to care about what you put on your back.
What you don’t know is that that sweater is not just blue, it’s not turquoise. It’s not lapis. It’s actually cerulean. And you’re also blithely unaware of the fact that in 2002, Oscar de la Renta did a collection of cerulean gowns. And then I think it was Yves Saint Laurent… wasn’t it who showed cerulean military jackets? And then cerulean quickly showed up in the collections of eight different designers. And then it filtered down through the department stores and then trickled on down into some tragic Casual Corner where you, no doubt, fished it out of some clearance bin.
However, that blue represents millions of dollars and countless jobs and it’s sort of comical how you think that you’ve made a choice that exempts you from the fashion industry when, in fact, you’re wearing the sweater that was selected for you by the people in this room from a pile of stuff. »
– Miranda Priestly, Devil Wears Prada
Food for thought.
Touché.
Putain mais c’est exactement ca xD
Tu as résumé les défilés en quelques paragraphes seulement -et encore, ce milieu m’attire..-
C’est vrai que ce monde est assez particulier. Je ne suis pas modeux, mais j’ai suivi la fashion week quelques années pour m’entrainer à faire de la photo de portrait (où d’autre peux tu trouver des gens prêts à se faire photographier gratuitement ?) et j’ai découvert que ces gens sont bien différents hors podiums, ils sourient VRAIMENT. Et d’ailleurs l’extrait que Alicia a cité au dessus est plus que vrai. Les tendances lancées par ces gens ont bien plus d’impact que sur seulement les lecteurs de Vogue.
En parlant de Vogue, voilà une de mes photos de 2009 avec la rédac chef de Vogue France de l’époque Carine Roitfeld, si c’est ça tirer la gueule je veux bien le faire tous les jours.
Il faudra qu’un jour quelqu’un t’explique